RÉSUMÉ :
Un jeune garçon aimerait donner une carte de Saint Valentin à une fillette à qui il n’ose pas parler. Va t’il réussir ?
source : <a href=’https://fr.freepik.com/photos/carte’>Carte photo créé par gpointstudio – fr.freepik.com</a>
Histoire : à la ferme
Il était une fois, une belle ferme nommée «la ferme du petit bois ». Un groupe d’animaux y avait trouvé refuge : une vache, un cheval, une chèvre, un mouton et un vieux coq à l’aile cassée. Tous avaient pour caractéristiques d’être blessés, trop vieux, ou inutiles dans leur rôle premier. Et tous vivaient heureux depuis plusieurs années
– Il se passe de drôles de choses chez les humains ! lança la chèvre. Le chat m’a dit qu’ils avaient accroché pleins de guirlandes de cœurs en ville. Et ils ont commencé à en mettre ici aussi.
– Encore ! Mais on est sorti de Noël, il n’y a pas longtemps ! Ils passent leur temps à fêter quelque chose… Et nous, on n’est bon qu’à leur donner du lait, se plaignit la vache.
Tous les animaux acquiescèrent, à grand renfort de bêlement, .
– Arrête de te plaindre ! Tu n’as jamais donné de lait. C’est bien pour ça que tu es là. Comme nous tous, d’ailleurs. Heureusement qu’on a été recueillis ici. Sans ça, je ne sais pas ce qu’on serait devenus. Alors si les humains veulent s’amuser, laisse-les faire, sermonna le cheval.
Tous les animaux baissèrent la tête, honteux de leur réaction. Mais ils mirent peu de temps à recommencer à parler. Dehors, Adam le fils des propriétaires sortit avec un grand sourire aux lèvres. Il tenait fermement une belle carte rouge pourvu de plusieurs cœurs, qu’il prit soin de glisser dans son cartable. Les animaux le suivirent du coin des yeux, jusqu’à ce qu’ils le virent monter dans le bus qui l’emmenait à l’école. Ils retournèrent à leurs occupations qui consistaient à dormir, manger ou suivre leurs maitres qui nourrissaient les élevages, s’occupaient des plantations, et réparaient le matériel cassé.
Un Probleme a resoudre
Deux heures plus tard, le coq revient, l’air inquiet.
– Regardez ce que la pie m’a ramené ! Ça ressemble à la carte d’Adam ! Elle m’a dit qu’elle l’a trouvée sur le chemin piéton, où Adam sort du bus. Peu de temps avant, il est tombé et son cartable s’est ouvert. J’ai eu du mal à la récupérer. Cette pie voleuse ne voulait pas la lâcher. J’ai dû lui promettre ma plus belle plume en échange.
Devant eux, une belle carte rouge ornée de plusieurs mots qu’aucun ne savait lire, était posée sur le sol. Malgré quelques égratignures ou salissures elle demeurait intacte.
– Il faut qu’on la ramène à Adam tout de suite ! annonça le mouton.
– Ça attendra ce soir. On la pose devant la porte et quelqu’un lui donnera, proposa la vache.
– Non ! Pas question ! Vous avez vu le sourire qu’il avait ce matin, en la tenant ? Je suis sûr qu’elle est très précieuse et qu’il en a besoin à l’école. Sinon il ne l’aurait pas mise dans son cartable, relança le coq.
L’argument sembla finir de convaincre les récalcitrants, et tous décidèrent de se rendre à l’école. Plusieurs minutes passèrent à se disputer sur la façon de s’y rendre. Les idées les plus saugrenues jaillirent : « On fait arrêter une voiture et on monte dedans. » « On demande à la pie de ramener la carte à Adam » « On se cache dans la carriole de nos maîtres quand ils vont au marché et on saute quand ils passent près de l’école. »
Le cheval qui avait toujours les meilleurs conseils, les arrêta et trancha :
– Toutes vos idées vont juste réussir à nous faire tuer. Nous avons tous de solides pattes. Servons-nous en pour une fois. Ça nous fera une grande promenade. D’autant qu’il y a un passage qui mène vers l’école, totalement couvert d’herbes. Adam m’y a déjà amené pour faire un tour sur mon dos.
Tous approuvèrent.
– Il ne faut pas perdre de temps. Le soleil est déjà haut.
en route vers l'ecole
Et voilà nos cinq amis qui prirent la route. Jamais on n’avait vu un convoi plus inhabituel. Mais comme l’avait promis le cheval, le chemin était agréable et ils ne croisèrent personne. La vache, la chèvre et le mouton en profitèrent pour brouter des fleurs fraiches, qui avaient résisté au froid. Le coq grimpé sur le cheval leur rappela plusieurs fois leur mission quand ils s’éloignaient trop.
Dans l’ensemble, le périple s’annonça sans accroc. Le cheval s’arrêta plusieurs fois pour observer l’environnement, car il hésitait. Mais il retrouva toujours son chemin.
Après une heure de route, et alors que le soleil était au zénith, ils aperçurent l’école devant eux.
– Nous y sommes, annonça le cheval.
– Mais comment va-t-on rentrer ? s’inquiéta le coq en voyant les grands murs qui entouraient l’école.
Porté par leur projet, aucun des animaux, ni même le sage cheval, n’avait réfléchi au moyen d’entrer.
Ils passèrent à nouveau plusieurs minutes à se chamailler pour essayer de trouver une solution. Là encore, des idées insensées furent proposées. « Mouton, tu montes sur Cheval, et Coq tu grimpes tout en haut, et tu sautes par-dessus le mur. », « On pousse tous ensemble et on casse le mur », « on coupe des branches d’un arbre et on s’en sert pour traverser. »
Le cheval allait leur demander d’arrêter de se disputer, quand une sonnerie retentit. Tous s’arrêtèrent de parler et regardèrent la lourde grille s’ouvrir lentement. Un flot d’élèves et quelques maitres d’école en sortirent.
– C’est l’heure du déjeuner. Profitons-en. Adam m’a souvent raconté ces journées. Ils doivent traverser la route pour manger dans le bâtiment en face. C’est le moment de le trouver.
Tous les animaux se mirent à chercher Adam. Trouver un petit garçon au milieu d’une foule de plusieurs centaines d’élèves ne fut pas facile. D’autant, que l’attroupement des animaux ne passa pas inaperçu et certains adultes commencèrent à se demander à qui ils appartenaient. Heureusement, Adam fut vite repéré, car il marchait lentement à l’arrière du groupe. Alors que tous les élèves sortaient en criant, lui semblait ne plus avoir d’énergie.
– C’est lui ! crièrent en même temps la vache et le coq. Regardez comme il a l’air triste. Il faut se dépêcher.
retrouvailles
Le coq poussa son plus beau « cocorico ». Depuis qu’il était à la ferme du bois petit, un plus jeune coq au cri puissant se chargeait de réveiller ses maitres. Le vieux coq avait perdu l’envie de pousser son cri. Mais, là, stimulé par l’enjeu, il fit se retourner plusieurs élèves.
Adam relava la tête et aperçut le curieux attroupement.
– Mais qu’est ce que vous faites là ! Où sont papa et maman ? Ils savent que vous vous êtes échappés ?
Pour toute réponse, le coq prit la carte, qu’il avait cachée sous ses plumes, dans son bec et la tendit à Adam.
Un large sourire se dessina à nouveau sur le visage du jeune garçon :
– Ma carte de Saint Valentin ! Mais comment c’est possible ! Je croyais l’avoir perdue !
Puis, il se renfrogna.
– C’est trop tard maintenant. Je suis sûr que Louis a déjà donné une carte à Élisa. Elle ne voudra plus de la mienne…
À ces mots, une petite fille, qui elle aussi avait été intriguée de la présence des animaux, s’approcha.
– Ils sont à toi ? demanda Élisa.
Adam hocha la tête en signe de confirmation, incapable de parler.
– Tu en as de la chance. J’adore les animaux, mais on n’a pas la place à la maison. J’ai juste un poisson dans un minuscule aquarium, continua la fillette.
Tout en caressant le cheval, elle aperçut son prénom dans la carte que tenait Adam.
– C’est pour moi ?
– Euh, oui,… répondit Adam qui avait retrouvé l’usage de la parole. Je voulais te la donner plus tôt. Mais elle est tombée et je croyais l’avoir perdue. Et elle n’est plus aussi belle que ce matin.
– Moi je la trouve magnifique. J’en ai fait une aussi pour toi, ajouta Élisa en tendant la sienne, d’une main légèrement tremblante. Mais comme tu ne m’avais rien offert ce matin, je n’ai pas voulu te donner la mienne. J’avais peur que tu ne connaisses même pas mon existence.
– Tu rigoles ! Ça fait des jours que je veux te parler mais je n’ose pas, répondit Adam.
– Moi aussi !
Les deux jeunes enfants éclatèrent de rire. Et c’est main dans la main, leur précieuse carte échangée serrée contre leur cœur, qu’ils se dirigèrent pour déjeuner.
Quant à nos animaux, ils reprirent tranquillement le chemin de leur ferme, en savourant quelques fleurs au passage. Jamais ils n’avaient été si heureux et fiers d’avoir rendu service. Eux qui étaient souvent déprimés, car ils n’étaient plus utiles à la ferme à cause de leur blessure, comprirent que ça ne les empêchait pas de faire des choses exceptionnelles…
Ecrit par Imaginange
